Les Sans-Chemise

Origine
C’est dans la région de Charlevoix que sont apparus les Sans-Chemise. En juillet 2000, le ministère procède à un redécoupage des régions administratives de l’assurance-chômage, ce qui provoqua de graves conséquences sur les critères d’admissibilité à l’assurance-chômage ainsi que sur la durée de la période de prestations pour les gens de cette région, entre autres.

 

Les Sans-Chemise s’organisent!
Devant l’ampleur des enjeux, les intervenants locaux lancent : « Mettons nos culottes pour ne pas perdre nos chemises! ». Ils se donnent le nom de Comité des Sans-Chemise et entreprennent de mobiliser la population afin de faire pression sur le gouvernement. En septembre 2000, le gouvernement répond aux pressions populaires et il met en place des mesures transitoires pour atténuer les effets des modifications. Mais ces mesures consistent à remettre le problème à plus tard.

 

La relance de la lutte
Le Comité des Sans-Chemise se remet sur pied en mai 2002 avec l’idée qu’il faut mener le combat dans un cadre plus large afin de s’assurer de résultats durables pour le plus grand nombre.

Ainsi, à l’automne 2002, la population de Charlevoix entreprend de nouvelles actions pour faire pression sur le gouvernement. Cette fois-ci, les appuis politiques d’organisations populaires et syndicales arrivent de partout au Québec. À la manifestation du 21 septembre 2002, 1 000 personnes défilent dans les rues de La Malbaie, dont une douzaine de groupes de chômeurs provenant de différentes régions du Québec.

 

Des Sans-Chemise partout au Québec
À partir de ce moment, les Sans-Chemise s’organisent partout au Québec. Une Coordination nationale des Sans-Chemise se met en place, appuyée par de nombreuses organisations.

Depuis lors, les Sans-Chemise n’ont eu de cesse de mener un intense travail de sensibilisation, de mobilisation et de pression afin d’obtenir un meilleur régime d’assurance-emploi visant à mieux protéger les travailleurs et les travailleuses lorsqu’ils sont en situation de chômage.

 

Argumentaire 

L’ASSURANCE-EMPLOI EST LE PROGRAMME LE PLUS IMPORTANT DE SOUTIEN DU REVENU DES TRAVAILLEUSES ET TRAVAILLEURS DU CANADA UN PROGRAMME ESSENTIEL POUR LES CHÔMEURS ET LES COMMUNAUTÉS

L’assurance emploi est un programme d’assurance financé depuis 1990 exclusivement par les travailleurs et leurs employeurs.

C’est actuellement un programme d’environ 22 milliards de $ annuellement.

C’est un revenu temporaire essentiel pour de nombreux chômeurs et c’est un soutien économique important pour leurs communautés.

En moyenne au cours des dernières années, environ 1,8 million de nouvelles demandes de prestations de revenu par année sont faites dont 1,4 million de nouvelles demandes de prestations régulières.

Environ un contribuable sur huit au Canada déclare un revenu provenant de l’assurance-emploi. (Ceux qui ont réussi à en recevoir…)

C’est un stabilisateur économique qui permet d’atténuer les effets de récession ou de ralentissement économique comme l’écrit le ministère.

Dans un rapport sur la pauvreté au Canada (09/09), le Conference Board titre : « Le bilan du Canada en matière de pauvreté compte parmi les pires des pays développés et la situation ne fait qu’empirer ». En ce qui concerne la pauvreté des personnes en âge de travailler, indicateur pour lequel le Canada se situe au 15e rang sur 17 pays, l’organisme souligne que :

1) La piètre performance du Canada sur le plan international en matière de pauvreté s’explique notamment par la diminution importante des prestations, dont celles de l’assurance-emploi;

2) Ces prestations au Canada sont plus faibles que dans la plupart des pays de l’OCDE;

3) Entre 1995 et 2005, la redistribution de la richesse a moins réussi à diminuer la pauvreté et les inégalités que dans les décennies précédentes.

Ce régime a été considérablement malmené au cours des dernières décennies. L’annonce récente d’améliorations est une embellie. Nous saluons ces pas qui vont dans la bonne direction tout en soulignant qu’il est possible de faire encore mieux.